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Un destin prometteur pour le nouveau Choeur de l'Université de Montréal

Madeleine Bédard, Johanne Latreille et Louis Lavigueur aux commandes du nouveau Choeur de l'Université de Montréal

Le résultat est toujours impressionnant: 100 choristes, 50 musiciens, un chef dynamique et passionné, une église et sa grandiose architecture, et un spectacle d'une grande qualité sonore, du moins pour la majorité des profanes présents. Les concerts comme ceux du Choeur de l'Université de Montréal sont un extraordinaire plaisir, autant pour les oreilles que pour les yeux.

Fin mars, le Choeur partageait le sanctuaire de l'église Saint-Édouard avec l'Orchestre symphonique des jeunes de Montréal pour une interprétation du Requiem de Mozart. Au pupitre, un homme de grande expérience: Louis Lavigueur, qualifié un jour d'"excellent chef d'orchestre" par Claude Gingras, le redouté critique musical de La Presse. Diplômé de l'Université Laval, Louis Lavigueur a dirigé, depuis le début des années quatre-vingt, une douzaine d'orchestres et de churs, dont ceux du Conservatoire de musique de Montréal. C'est sous sa baguette que le Choeur de l'Université de Montréal aura donc fait ses premiers pas cette année.

Fruit de la toute nouvelle collaboration entre le Service des activités culturelles (SAC) et la Faculté de musique, le Choeur de l'Université de Montréal est l'héritier des défunts Choeur de la Montagne et Chorale de l'UdeM. Une fusion tout à fait logique, car il y avait un dédoublement évident: deux choeurs de même envergure, avec deux chefs prestigieux, partageaient des répertoires similaires. "C'est déjà arrivé qu'on programme sans se consulter le même concert à quelques jours d'intervalle", admet Madeleine Bédard, coordonnatrice aux affaires publiques à la Faculté de musique.

Étudiants et amateurs regroupés
L'idée de créer un seul grand ensemble flottait donc dans l'air depuis un bon moment, mais elle ne fut concrétisée qu'au printemps 1998, après le départ précipité du chef du Choeur de la Montagne. "On n'avait plus à sacrifier un des deux chefs", constatent Johanne Latreille, coordonnatrice du secteur musique au SAC, et Madeleine Bédard.

La décision d'unir leurs forces a également été facilitée par l'arrivée dans le Pavillon de musique de l'équipe de Johanne Latreille, autrefois au Pavillon J.A.-DeSève, le quartier général du SAC. "Les gens que le SAC attire représentent un bassin de mélomanes très important, croit Madeleine Bédard. Et comme on veut élargir le public aimant la musique..."

Les participants du secteur musique du SAC bénéficient donc maintenant d'un meilleur environnement. "Ils répètent dans la salle Claude-Champagne", s'exclame Johanne Latreille.

Il fallait ensuite trouver un chef capable de diriger choeur et orchestre. Louis Lavigueur, une de ces perles rares au Québec, est donc choisi en août pour prendre les rênes de la nouvelle formation.

"Un privilège", dit le principal intéressé pour qui diriger choeur et orchestre demande une connaissance musicale très approfondie. "La voix et les instruments ne se gèrent pas de la même façon, explique-t-il. Les instruments exigent des techniques très différentes. Devant des voix, il faut être capable de distinguer celle qui ne sonne pas bien et comprendre pourquoi."

En septembre, lors des auditions du SAC, Louis Lavigueur sélectionne une soixantaine de choristes à laquelle vient se joindre la quarantaine d'étudiants en musique. Le défi est de taille: réunir et contenter deux groupes de choristes, n'ayant ni les mêmes connaissances ni les mêmes goûts. Mêler futurs professionnels et amateurs comporte une part de risque, sans être une aberration comme le prouve le succès de la chorale de l'UQAM.

"Les étudiants apportent des connaissances théoriques et solfégiques, tandis que les gens du SAC ont une mémoire très développée", constate le chef. Et même si l'on pourrait croire que les étudiants sont moins motivés - le Choeur est avant tout une activité scolaire qui leur est créditée -, Louis Lavigueur est satisfait du résultat. "C'est un mariage heureux."

Répertoire pas du tout démodé
Les oeuvres interprétées par le nouveau choeur sont tirées pour la plupart du répertoire religieux. Et quoi qu'on pense, il existe une forte demande pour ce genre de concerts. "Il y a un grand engouement au Québec pour les choeurs et il en existe beaucoup", affirme Johanne Latreille, un répertoire des chorales du Québec à l'appui où plus de 700 ensembles sont inscrits.

Pour Louis Lavigueur, il est clair que le genre est en bonne santé. "C'est mystérieux, dit-il, mais en même temps que le nôtre, il y avait à ma connaissance trois autres Requiem qui étaient présentés dans la région de Montréal." Si la pratique religieuse est en perte de vitesse, les chants ne le sont pas. "C'est une musique intime, qui permet de se retrouver", avance en guise d'explication Johanne Latreille.

Bien que le Choeur de l'Université de Montréal doive encore faire ses preuves, ses premiers concerts sont fort satisfaisants. En décembre, il s'est joint à des ensembles du Conservatoire de musique de Montréal pour l'interprétation de chants religieux, dont le Hallelujah, tiré du Messie de Händel. Au concert de mars, ajouté à la dernière minute pour répondre à la demande des choristes, le Requiem était au programme. Intitulé "Le chant du destin", le dernier concert donné avec l'Orchestre de l'Université de Montréal (OUM) est de loin le plus prestigieux.

Jérôme Delgado
Collaboration spéciale


"Le chant du destin", oeuvres de Brahms, Bach, Mozart et Beethoven. Avec l'Orchestre de l'UdeM et le Choeur de l'Université de Montréal, le samedi 24 avril à 20 h; entrée: 10 $ (5$ étudiants et aînés). À l'église Saint-Jean-Baptiste, 309, rue Rachel Est. Réservations: 343-6427.


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