Volume 1, numéro 1

Optométrie
Pénétrer dans un œil grâce à la réalité virtuelle

Grâce à une voûte d'immersion dotée d'un système de sons et d'images en trois dimensions, les chercheurs pénètrent virtuellement dans l'œil humain. Munis de lunettes et de gants cybernétiques, ils aperçoivent les vaisseaux se contracter, entendent les battements du cœur et peuvent toucher au nerf optique. Acquis au coût de 1, 8  M$, cet environnement virtuel est le seul au Canada consacré entièrement à la recherche humaine appliquée.

Observer l'infiniment petit de l'œil n'est qu'une des nombreuses simulations réalisées au Centre de réalité virtuelle et de traitement d'images du Laboratoire de psychophysique et perception visuelle de Jocelyn Faubert. Le professeur de l'École d'optométrie de l'Université de Montréal y étudie le système visuel humain, dont les problèmes reliés à la presbytie, la dégénérescence maculaire et la correction optique.

"À l'aide d'images de synthèse, créées par ordinateur et projetées sur le plancher et trois murs, la voûte donne l'illusion d'un environnement réel. Avec cette différence: le sujet peut s'y déplacer en toute sécurité, dit le professeur Faubert. Ses moindres mouvements font bouger les images qu'il regarde. On peut aussi faire l'inverse: le sujet est immobile au milieu de l'enceinte et les images lui donnent l'impression qu'il se déplace."

Appelée en anglais cave automatic virtual environment, la voûte d'immersion permet notamment de voir la façon dont les personnes se comportent dans un environnement fictif lorsque l'information est complexe : par exemple, comment elles se frayent un chemin à travers une foule, dans la circulation ou en montant un escalier mobile. Les chercheurs peuvent ainsi évaluer la capacité des individus à se mouvoir et à repérer des objets.

"Pour les gens âgés et les personnes qui souffrent d'une pathologie oculaire, il est souvent difficile de se déplacer dans des lieux où l'action est dense, car le mouvement provient de sources multiples. La voûte permet d'analyser des tâches quotidiennes de manière plus réelle que sur un écran en deux dimensions", indique le lauréat du prix scientifique des Instituts de recherche en santé du Canada et titulaire de la Chaire industrielle Essilor.

Les expériences menées au Centre de réalité virtuelle et de traitement d'images visent entre autres à mieux comprendre les dysfonctionnements reliés à la perception de l'espace, de la forme et du mouvement. On retrouve de telles perturbations particulièrement chez les personnes âgées, notamment celles qui souffrent d'Alzheimer, de la maladie de Parkinson et de dégénérescence maculaire.

Chercheur : Jocelyn Faubert
Téléphone : (514) 343-7289
Financement : Fonds canadien pour l'innovation; Chaire industrielle Essilor; Instituts de recherche en santé du Canada; Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie