Volume 1, numéro 1

Département de santé environnementale et santé au travail
HAP : la nourriture plus dangereuse que la pollution

Adolf Vyskocil, chercheur au Département de santé environnementale et santé au travail de l'Université de Montréal, étudie les facteurs de risque associés aux hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) chez les enfants. La formation de HAP dérive de la combustion incomplète des matières organiques. Le chauffage au bois, les aliments, la combustion des voitures, la cigarette et plusieurs procédés industriels sont des sources de HAP. Ces derniers sont de plus en plus soupçonnés d'être liés aux cancers du poumon et de la vessie.

Jusqu'à présent, les chercheurs présumaient que les hydrocarbures aromatiques polycycliques et le pyrène, un composant des HAP, repérés dans les organismes animal et humain provenaient essentiellement de la pollution. Mais l'exposition environnementale représenterait en fait une goutte d'eau dans un lac comparativement à la quantité de HAP attribuable à la consommation de nourriture. C'est du moins ce que démontre une étude menée par M. Vyskocil auprès d'une vingtaine d'enfants âgés de six ans et moins. L'échantillon était composé de jeunes qui fréquentent deux garderies de Montréal : l'une située près de l'autoroute Décarie et l'autre dans une zone dite "verte" de la métropole. Des tests d'urine ont été effectués afin de comparer le taux de HAP dans l'organisme avec celui disséminé dans l'air ambiant et dans le sol.

Les données révèlent que la proportion de HAP dans le sol et dans l'air ambiant (12 fois plus élevée à l'extérieur de la garderie située dans la section polluée) n'entraîne pas de différence significative entre les deux groupes d'enfants. Par contre, la concentration de pyrène liée à la consommation de nourriture est nettement supérieure à celle associée à l'exposition environnementale. La quantité quotidienne de pyrène comprise dans l'absorption d'aliments s'élève à 167 et 186 nanogrammes chez l'un et l'autre groupes. Des chiffres troublants lorsqu'ils sont comparés avec le niveau de pollution de la ville de Londres, où l'on retrouve un taux de HAP de 166 nanogrammes par mètre cube.

Le chercheur financé par le Fonds de la recherche en santé du Québec poursuit actuellement des travaux sur la relation entre les aliments et le pyrène.

Chercheur : Adolf Vyskocil
Téléphone : (514) 343-6146
Financement : Fonds de la recherche en santé du Québec; Scientific and Environmental Affairs, division de l'OTAN, Bruxelles (Belgique)